L’association Vivre sans douleur a proposé récemment une conférence du professeur Fougerousse. Organisé à Ingenheim, elle portait sur la question « Faut-il avoir peur des microbes ? »

« Non ! », s’exclame le professeur Fougerousse. « Bien au contraire, nous avons fortement besoin des microbes. » Et le conférencier de préciser que « dans notre intestin, nous en hébergeons un kilo ! Nous fonctionnons grâce à ces micro-organismes, fortement spécialisés. Ils dégradent, synthétisent, transforment. » Ex-doyen de la faculté strasbourgeoise de chimie, le professeur Fougerousse enseigne actuellement à l’université de Strasbourg. Il connaît bien le « cheptel » microbien. « On y trouve à la fois des « animaux » et des végétaux : des bactéries, des virus, des champignons. »

La faute à Pasteur

Pour le conférencier, vouloir les exterminer, « c’est peine perdue ». Leur résistance aux antibiotiques est une preuve parmi tant d’autres de leur faculté d’acclimatation. Une tragédie que l’hôpital doit gérer aujourd’hui.

Pour Pasteur, les responsables des maladies, ce sont les microbes. Il suffit de les éliminer pour vaincre la maladie. A chaque maladie, le sien. De son côté, Antoine Béchamp, professeur à la faculté de médecine de Montpellier puis de Lille, et contemporain de Pasteur, avait montré l’importance du terrain dans l’installation des microbes. « Ce sont certains de nos comportements (alimentation, administration de vaccins, usage inconsidéré des antibiotiques, polluants toxiques, excès de stress…) qui déséquilibrent notre terrain, et le rendent ainsi favorable à l’installation de germes et de virus pathogènes. » Et le conférencier de citer le cas de l’asthme, qui est « devenu l’apanage des nantis, par excès d’hygiène ». « Ce n’est donc pas la peine de pourchasser les petites bêtes, il faut veiller au terrain ! » Et le professeur de livrer quelques petites astuces qui peuvent y contribuer. Mais le chemin vers une prise de conscience générale de la pertinence de la théorie de Béchamp est encore long !

Source : © Dernières Nouvelles D’alsace, Mardi 26 Avril 2009